Burkina Faso. Yamaha V80 : La production arrêtée à la SIFA

Publié le par unmondeformidable

 Yamaha V80 par Christian (Source : asso-scooter.org - 31/08/07)

Au Burkina-Fasso, la Yamaha V 80 est assemblée à Bobo-Dioulasso et est surnommée "la voiture burkinabè". C’est dire la place qu’elle occupe dans le cœur des Burkinabé et l’émoi que suscite l’annonce de l’arrêt de sa production. Ou plutôt l’absence d’annonce.

La Yamaha V80 rouge ne sera plus assemblée à Bobo-Dioulasso. Surnommée "la voiture burkinabè", l’arrêt de cette moto 2 temps carénée comme un scooter marque la fin d’une époque et ne laisse pas de poser des questions. D’après la SIFA, société qui assemblait la V80, les volumes de ventes étaient insuffisants pour équilibrer les charges. De plus, la Yamaha V80 se vend difficilement à cause de son prix. L’équation ainsi posée, des charges importantes générant un prix de vente élevé, a entraîné l’arrêt de la production à Bobo-Dioulasso. Ce sont ainsi 1000 modèles qui ne seront plus produits au Burkina Fasso.

Mais l’arrêt de la production ne signifie pas arrêt de sa diffusion. En effet, la CFAO Burkina diffuse toujours les V80 puisque celles-ci sont importées du pays du soleil levant (Japon) et non de l’empire du milieu (Chine). Précision importante car des rumeurs font état de V80 en provenance de Chine et la CFAO Burkina à ce sujet explique que Yamaha ne produit plus de V80 en Chine.

L’absence de communication sur l’arrêt de la V80 reste une zone d’ombre et la réponse de la SIFA selon qui un arrêt de production ne signifie pas un arrêt de la diffusion puisqu’elles sont importées ne convainc personne. Et le plus surprenant est que les V80 importées sont même un peu plus chères que celles produites sur place. Les droits de douanes à l’importation sont plus élevés pour des unités complètes, 20% au lieu des 5% pour la fabrication, les volumes sont moins importants et donc augmentent le coût du fret à l’unité.

La CFAO Burkina se tourne ainsi vers la diffusion de modèles plus rentables et la SIFA s’oriente vers la production de modèles thaïlandais ou indonésiens. Car selon la CFAO Burkina le prix de la V80 reste sur une tendance de prix élevé. La Crypton (4t) de Yamaha et la Spark (Thaïlande) pourront-elles un jour devenir les nouvelles "voitures burkinabè" ?

 

 

Bienvenue chez Yamaha au Burkina Faso (Source CFAO)

Patrie des deux-roues, Le Burkina Faso est également le berceau de la relation entre YAMAHA et CFAO. Depuis l'emblématique V80, surnommée "Mon mari est capable", plusieurs dizaines de milliers de motos YAMAHA ont prouvé leurs qualités de résistance et de fiabilité sur les routes et les pistes de ce grand pays, au climat souvent éprouvant pour les mécaniques.  Depuis toutes ces années, CFAO Burkina s'efforce d'accompagner les utilisateurs des motos YAMAHA sur l'ensemble du territoire en veillant à former les mécaniciens et à offrir en permancence les pièces d'origine, tous deux garants d'une durée de vie optimale des véhicules. ll n'est pas rare de croiser des motos YAMAHA agées d'une vingtaine d'années, lesquelles constituent le meilleur témoignage pour les jeunes générations qui, elles aussi, souhaitent continuer à "rouler YAMAHA". A l'écoute de ces évolutions, YAMAHA et CFAO Burkina renouvellent les gammes en veillant à ce qu'elles restent porteuses des valeurs de la marque.

Yamaha V80 : La production arrêtée à la SIFA. Par Victorien Sawadogo
et Abou Bakr-Rabanki Zida (Source : Sidwaya 06/09/2007)

La Yamaha V80 rouge n'est plus assemblée à Bobo-Dioulasso. L'information que nous avions relayée dans notre édition du jeudi dernier a été confirmée par le Président directeur général de CFAO Burkina, Edouard Rochet que nous avons rencontré, mardi dernier, évoque une question de rentabilité pour expliquer cette mesure. C'est une page de l'industrie burkinabè du cycle qui est tournée avec l'arrêt de la production de cette mythique motocyclette surnommée "la voiture burkinabè" 

Selon le Président directeur général de CFAO Burkina, "le problème est que le volume de ventes de motos Yamaha V80 produites par la SIFA ne permettait plus de faire face aux charges. Ce qui a conduit la SIFA à arrêter la production de motos à partir de Bobo-Dioulasso". Et ajoute Félix Thieba, responsable Teemat/2 roues de CFAO-Burkina, "le marché est à un tel niveau que produire la Yamaha V80 n'est plus rentable. La Yamaha V80 se vend difficilement à cause de son prix... "Aussi, la CFAO a-t-elle choisi d'en importer directement de la "Maison-mère" au Japon. Documents à l'appui, CFAO Burkina affirme que les Yamaha V80 vendus actuellement ne proviennent pas de Chine mais du pays du Soleil levant.
"Il y a deux ans, nous avons lancé une Yamaha V80 d'origine chinoise de couleur verte qui n'a pas vraiment conquis les Burkinabè qui sont des connaisseurs en matière de motos. Ce qui nous a contraint à arrêter l'importation de ce modèle. Du reste, Yamaha ne produit plus de V80 en Chine", insiste M. Rochet.

Mais pourquoi n'avoir pas communiqué sur l'arrêt de la production à Bobo-Dioulasso ? "Nous n'en avons pas vu la nécessité puisque le modèle est toujours commercialisé dans nos boutiques", répond M. Rochet. "Dans l'imaginaire collectif, on associe la V80 à la SIFA, donner l'information que SIFA ne la produit plus n'était pas stratégique pour nous. Peut-être la SIFA aurait-elle dû communiquer sur l'arrêt de la production..." renchérit L. Thieba. Un silence qu'on a du mal à comprendre d'autant que la Yamaha V80 coûte légèrement plus cher que du temps où elle était produite par la SIFA. "La fabrication de la moto bénéficiait d'un avantage douanier de 5% au lieu de 20% de droits de douane. En outre, on importait la moto en CKD et en grandes quantités. Maintenant, nous importons des unités complètes et en petites quantités pour satisfaire une clientèle spécifique (projets, ONG, particuliers). Le fret est donc plus cher et comme la procédure n'a pas changé, le prix ne peut pas baisser", assure M. Rochet.

Ce sont ainsi environ 1000 unités de motos Yamaha V80 rouge que CFAO vendait chaque année au Burkina. Ceci explique-t-il cela ? Le groupe a choisi de s'orienter vers des modèles qui lui permettent de faire plus de volume. Il s'agit de la Crypton fabriquée par Yamaha mais différente de la V80. La crypton est en effet une 4 temps alors que la V80 est une 2 temps. Il s'agit aussi de la Spark d'origine thaïlandaise et bientôt de modèles indonésiens qui seront vraisemblablement assemblés par la SIFA qui subirait en ce moment un lifting de sa chaîne de montage.


Outre le Burkina, le Mali serait également concerné par l'arrêt de la production de la V80. Occasion pour la CFAO de démentir une certaine rumeur qui voulait que la V80 coûtait moins cher du côté de Bamako. "C'est vraiment une vieille rumeur mais la réalité est toute autre. Je défie quiconque de me prouver le contraire. Il n'y a pas de raisons que la V80 coûte moins cher au Mali où elle est également importée de l'extérieur", insiste M. Thieba.

Reste que le connaissement maritime et l'attestation de vérification de COTECNA, à nous soumis n'ont pas la même origine. En effet, le connaissement indique que les motos proviennent du Japon mais l'attestation COTECNA est établie sur la base d'un document délivré par la SFCI basée en France. Renseignements pris, cette dernière serait la centrale d'achat du groupe CFAO qui appartient au géant français FPR (anciennement Pinault-Printemps-Redoute), un groupe d'entreprises industrielles et commerciales crée par François Pinault, l'un des leaders européens de la distribution spécialisée et le troisième acteur mondial du luxe. Cela joue-t-il sur le prix de la Yamaha V80 vendue au Burkina ? Difficile d'y répondre car à CFAO Burkina, on est convaincu que le prix de la "voiture burkinabè" ne semble pas tendre vers une certaine baisse dans les mois à venir.

 

Publié dans Afrique de l'Ouest

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